

|
||||||||||||
|
||||||||||||
|
|
[Nouvelles technologies]Déchets informatiques : la menaceDéchets informatiques : la menacePlomb, cadmium, mercure, arsenic, oxyde de zinc : tous ces dangereux polluants sont présents dans nos ordinateurs. Le recyclage est encore trop rare : la plupart de ces déchets finissent dans des décharges, polluant la terre et les nappes phréatiques. Pourtant, des solutions existent.
Ordinateurs, imprimantes, écrans et télécopieurs : tous ces équipements informatiques sont entrés dans le quotidien des Français. Obsolètes au bout de quelques mois, leurs propriétaires s'en débarrassent au bout de deux ou trois ans en moyenne, pour acheter du matériel plus performant. Et là surgit un problème de taille : que faire du vieux matériel ? La solution la plus simple est de le jeter dans une décharge... C'est ainsi que chaque année, plus d'un million de tonnes de déchets électroniques partent à la poubelle. Dangereux, nos bons vieux PC ? Ce que les consommateurs ignorent trop souvent, c'est que les ordinateurs et autres équipements informatiques contiennent des produits hautement toxiques. Bien sûr, les métaux lourds et les composés toxiques ne sont pas nuisibles immédiatement à l'usage, au fonctionnement quotidien. Mais enfouis dans le sol ou incinérés, ces déchets se transforment en substances polluantes pour l'environnement. Par exemple, dans certaines conditions, le plomb se change en un sel soluble qui s'infiltre dans les nappes phréatiques. La présence excessive de ce métal dans le sang a des effets néfastes sur le système nerveux. Il est particulièrement dangereux pour les jeunes enfants et les f½tus... Or les écrans conventionnels, qui fonctionnent à l'aide d'un tube cathodique, contiennent, chacun, entre deux et quatre kilogrammes de blindage de plomb ! (Les nouveaux moniteurs, plats à cristaux liquides, ne contiennent pas, quant à eux, de blindage de plomb et consomment moins d'électricité : ils sont donc plus écologiques. Ndlr)
Nos ordinateurs contiennent également d'autres métaux lourds: du mercure, du cadmium ou du chrome hexavalent, ainsi que d'autres composés toxiques, tels l'arsenic et l'oxyde de zinc. Eux aussi peuvent s'infiltrer et polluer durablement le sol. L'accumulation de déchets informatiques a ainsi transformé la Silicon Valley, aux Etats-Unis, et les abords des grandes villes asiatiques en véritables dépotoirs. La situation est particulièrement préoccupante en Asie, où les lois anti-pollution sont moins rigoureuses que dans les pays développés. Une situation d'autant plus préoccupante que l'Asie est considérée comme la décharge des Américains : d'après les sources restées anonymes de l'industrie du recyclage de Reuters (Agence de presse), entre 50 et 80% des déchets collectés pour être retraités sur la côte ouest des Etats-Unis finissent dans des pays comme la Chine. Mais le recyclage des équipements informatiques serait-il une solution ? Pas forcément ! Tout danger est au contraire loin d'être écarté ! Lorsque l'on incinère les plastiques - l'un des principaux composants de nos équipements informatiques - dans des installations ordinaires, une nouvelle substance se dégage : la dioxine. De plus, on a trouvé un lien entre la poussière de béryllium qui se dégage pendant le recyclage, et une maladie pulmonaire. Une grande entreprise spécialisée dans le traitement des outils électroniques a ainsi constaté que 23 de ses employés étaient allergiques à cette poussière, et que 10 autres étaient atteints de berylliose... Le constat est effrayant et peu rassurant. Côté législatif, tout reste à faire Que dit la législation au sujet de ces déchets ? Une directive européenne imposant la collecte et le recyclage des équipements électriques devrait être votée cette année. Elle rendra les producteurs financièrement responsables de l'organisation des filières de collecte et de valorisation. Le coût du retraitement sera donc imputé aux entreprises... mais le prix de notre équipement informatique s'en ressentira. D'après les estimations, cette hausse devrait atteindre, selon les produits, entre 1 et 3% du prix de vente. Un autre texte en discussion à la Commission de Bruxelles propose de restreindre l'utilisation des substances dangereuses. A terme, l'utilisation de produits polluants comme le plomb, le mercure, ou encore les produits ignifugés halogénés devrait être interdite.
Il ne reste que très peu d'entreprises se sont lancées dans ce genre de démarches...
Pour les ordinateurs définitivement cassés, le retraitement s'impose. Une liste des entreprises de recyclage proches de chez vous est disponible sur le site de Recyclages. En 1998, les recycleurs ont traité 275 millions de livres de déchets d'ordinateurs... pour en faire des routes, des toits, ou des tableaux de bord de voitures. Elles récupèrent généralement vos micro-ordinateurs et leurs périphériques : imprimantes, fax, modems, téléphones et vous remettent un certificat de destruction. Certaines sont même spécialisées dans la récupération de cartouches d'encre usagées, qui sont particulièrement polluantes, comme Handi Terre , qui a collecté 1 780 000 cartouches en 2000. Quant à ceux qui veulent se lancer dans la récupération des métaux précieux (or, argent, palladium) contenus dans les micro-ordinateurs, inutile de rêver : du fait de la miniaturisation des composants, une tonne d'ordinateurs ne contient plus actuellement que 10 grammes d'or, contre 50 grammes auparavant ! Gaëlle Leroyer Le site de Recyclages : http://www.recyclages.com Le site de l'association Handi Terre : http://www.handiterre.fr Article paru sur http://www.lidealiste.com
Accueil | Contact | Actualités | FAQs | Infos légales
|
|